debut Tadgik

Passer une frontière c?est toujours pour moi la même question, vaut-il mieux dormir près de la frontière et y aller le matin à la fraiche, sachant que les douaniers seront aussi frais pour prendre leurs temps, où le soir avec le risque qu?il fasse bien nuit quand enfin on arrive dans ce nouveaux pays sans argent sans vraiment bien connaitre la langue et sans savoir où dormir. Comme on a pas toujours la chance de traverser une douane au moment d?un match de coupe du monde j?ai pris la première solution.
Le Tadjikistan ayant décidé de couper l?eau à l?Ouzbékistan pour pouvoir alimenter ses centrales hydroélectriques, l?Ouzbékistan tente comme elle peut d?enquiquiner son voisin. Cela se traduit par un resserrement des frontières pour les étrangers, fouille en règle comme à l?aller (à croire qu?ils n?ont rien à faire) et critiques par certains habitants de ce pays gorgé d?eau.
J?ai eu donc un arrêt de 2 heures du côté ouzbek (sachant qu?il y avait seulement une jeep ouzbek et un camion Turc avant moi, question véhicule) dont 45mn juste à la grille car le douanier pensait que j?attendais quelqu?un et que c?était impossible que je sois toute seule.
J?ai ensuite traversé le col du Shakristan (3 378m) sur une piste de cailloux entre poussières, trous, camions et précipices à une vitesse moyenne de 20k/m. Cette route obligatoire qui tranche avec l?excellence des autres routes (payantes pour tous sauf pour les touristes à moto comme moi j?ai eu l?impression) à de quoi donner des crampes aux bras. La moto tient toujours ses promesses, le changement de pneus à Tachkent aura été indispensable, et j?ai pu danser sur les cailloux de montagnes sans soucis majeurs, mais sans trop me risquer à regarder le paysage
Cela m?a permis d?aborder le 2e passage compliqué jusqu?à Douchanbé, un tunnel de 5 km, sans lumière ni aération avec un trafic très important de camions, sur une sorte de piste de grava, modelé par un important réseau de cours d?eau qui ont la fâcheuse tendance à cacher la profondeur des trous et les bosses éventuelles. J?ai suivi comme j?ai pu une jeep car le jeu est de parfois longer le côté gauche (même si on est face à un camion) et cela m?a éclairé un peu plus la route car avec la poussière, c?est à la fois dure de respirer, mais aussi de voir. Et 5 km c?est très long parfois? Mais quand la lumière revient c?est pour voir ces montagnes qui sont à couper le souffle tellement elle sont grandes et belles. Il me tarde de découvrir ce Pamir? J?attend mon autorisation GBAO pour cette zone avec impatience.